Les troubles sexuels féminins : douleurs, blocages, sécheresse… en parler et mieux comprendre

Combien de femmes souffrent en silence, par pudeur ou par peur de ne pas être comprises par un·e spécialiste, ou même par leur partenaire ? Beaucoup trop.

C’est pour cette raison que Secrets de Geishaa a choisi d’ouvrir le dialogue autour des troubles sexuels féminins. À travers cet article, nous souhaitons mettre des mots sur des réalités encore trop peu abordées, afin d’aider les femmes à mieux comprendre ce qu’elles traversent et à se sentir moins seules.

Dans cet article, nous aborderons notamment le syndrome d’excitation génitale persistante, les troubles de l’orgasme, le vaginisme et les dyspareunies, mais aussi la muqueuse irritable, la sécheresse vaginale, l’atrophie vulvo-vaginale, le lichen scléreux et le syndrome de Gougerot-Sjögren.

L’objectif n’est ni de poser un diagnostic ni de proposer des solutions miracles, mais d’apporter des informations claires, accessibles et bienveillantes, pour aider chaque femme à mieux comprendre son corps et à envisager des pistes d’apaisement adaptées à sa situation.

Les principaux troubles sexuels féminins

Les troubles sexuels féminins recouvrent des réalités très variées. Ils peuvent concerner l’excitation, le plaisir, la douleur ou encore l’état des muqueuses vaginales. Certaines femmes vivent un seul de ces troubles, d’autres en cumulent plusieurs au cours de leur vie, parfois de manière ponctuelle, parfois plus durable.

Ces troubles ne sont ni rares, ni anecdotiques. Ils peuvent avoir un impact important sur le bien-être, la relation au corps, la sexualité et la vie de couple. Mieux les identifier permet déjà de sortir du flou, de la culpabilité et de l’isolement.

Le syndrome d’excitation génitale persistante (EGP)

Définition

Le syndrome d’excitation génitale persistante correspond à une excitation génitale physique excessive, non désirée et souvent spontanée. Il se manifeste par un afflux sanguin vers les organes génitaux et une augmentation des sécrétions vaginales, sans désir sexuel ni plaisir associé.
Il ne doit pas être confondu avec l’hypersexualité.

Ce trouble n’est reconnu que depuis le début des années 2000. Il a été décrit pour la première fois en 2001 par deux sexologues américains, Leiblum et Nathan, puis renommé en 2003 sous le terme de syndrome d’excitation génitale persistante.

Très tabou, ce syndrome peut devenir extrêmement difficile à vivre. Les symptômes sont incontrôlables, envahissants, et peuvent profondément bouleverser la vie quotidienne et émotionnelle des femmes concernées.

Causes possibles

Les causes exactes du syndrome d’excitation génitale persistante restent encore mal connues. Plusieurs pistes sont néanmoins évoquées.

Des tensions importantes au niveau des muscles pelviens peuvent aggraver les symptômes. Certaines femmes souffrant d’EGP présentent également des varices pelviennes, ce qui laisse penser qu’un trouble du système vasculaire pourrait être impliqué, de manière comparable au syndrome des jambes sans repos.

Le stress, l’anxiété et les tensions corporelles générales peuvent aussi jouer un rôle dans l’intensification des symptômes.

Comment apaiser les symptômes

En l’absence de cause clairement identifiée, le traitement du syndrome d’excitation génitale persistante peut s’avérer complexe. Toutefois, certaines approches permettent d’apaiser les symptômes.

Tout ce qui favorise la détente et la relaxation peut être bénéfique : massages, détente pelvienne, travail sur le périnée, respiration, activité physique douce. Lorsque les sensations deviennent trop difficiles à supporter, l’utilisation ponctuelle de gels anesthésiants sur les zones concernées peut également apporter un soulagement temporaire.

Dans certains cas, les thérapies cognitivo-comportementales peuvent être proposées afin d’aider à mieux gérer l’impact émotionnel et psychologique du trouble.

Conseils Secrets de Geishaa

Prendre le temps de se masser et de détendre la zone intime peut aider à relâcher les tensions souvent très présentes au niveau du bassin. Le baume Baubo peut être utilisé dans cette intention, comme un soin de confort pour accompagner les moments de relaxation et favoriser une meilleure connexion au corps.

Les troubles de l’orgasme

Anorgasmie : définition

Parmi les troubles de l’orgasme, aussi appelés dysorgasmies, on retrouve l’anorgasmie. L’anorgasmie correspond au fait de ne pas parvenir à atteindre l’orgasme de manière répétée, malgré une stimulation sexuelle.

Ce trouble peut concerner toutes les femmes, quel que soit leur âge ou leur expérience sexuelle. Il ne remet pas en cause la féminité, le désir ou la capacité à ressentir du plaisir, mais traduit une difficulté spécifique dans l’accès à l’orgasme.

Anorgasmie primaire et secondaire

Comme pour d’autres troubles sexuels, il existe plusieurs formes d’anorgasmie.

On parle d’anorgasmie primaire lorsque la femme n’a jamais connu d’orgasme.
L’anorgasmie secondaire apparaît après une période de vie sexuelle sans difficulté, lorsque l’orgasme n’est plus atteint alors qu’il l’était auparavant.

Il existe également une distinction entre anorgasmie généralisée et situationnelle. L’anorgasmie généralisée signifie que l’orgasme n’est jamais atteint, tandis que l’anorgasmie situationnelle correspond à une capacité à atteindre l’orgasme uniquement dans certaines situations ou contextes.

Pistes d’accompagnement

Lorsqu’une femme consulte pour anorgasmie, le ou la sexologue commence généralement par analyser la situation afin d’en comprendre l’origine. La difficulté peut être liée à un déséquilibre hormonal, à un problème de santé sous-jacent, ou à un aspect plus technique ou relationnel.

Si une cause hormonale est suspectée, des examens médicaux peuvent être proposés.
Lorsque l’anorgasmie est davantage liée à la connaissance du corps, au lâcher-prise ou à des blocages psychologiques, le travail porte souvent sur la compréhension du fonctionnement des organes génitaux, la réappropriation des sensations et la diminution de l’anxiété liée à la performance.

Conseils Secrets de Geishaa

Secrets de Geishaa, spécialisée dans l’intimité féminine, ne peut intervenir lorsqu’un trouble est lié à un déficit hormonal ou à une pathologie médicale. En revanche, lorsque l’anorgasmie est liée à des aspects techniques, émotionnels ou relationnels, un accompagnement autour de la connaissance de soi, du lâcher-prise et de la curiosité sexuelle peut être bénéfique.

Les jeux intimes et les sextoys peuvent aider certaines femmes à explorer leurs sensations, à mieux comprendre leur corps et à retrouver une forme d’alchimie avec leur partenaire, afin que la sexualité redevienne un espace de plaisir plutôt qu’un moment de tension ou d’anticipation.

Vaginisme et dyspareunie

Le vaginisme

Le vaginisme est une contraction musculaire involontaire du vagin qui devient un réflexe. Comme tout muscle, le vagin peut se contracter ou se relâcher, mais cette contraction n’est pas toujours contrôlable consciemment. À l’image d’une crampe, le corps se crispe sans que cela soit volontaire.

Il existe plusieurs formes de vaginisme.
Le vaginisme primaire est présent depuis toujours et rend la pénétration douloureuse, voire impossible.
Le vaginisme secondaire apparaît après un événement traumatique ou marquant, alors qu’une vie sexuelle sans difficulté existait auparavant.
On parle également de vaginisme global, lorsque le blocage survient à chaque tentative de pénétration, quel que soit le partenaire, et de vaginisme partiel lorsque certaines situations seulement déclenchent la contraction, par exemple lors d’un rapport sexuel alors que l’insertion d’un tampon reste possible.

La dyspareunie

Les dyspareunies correspondent à des douleurs vaginales ressenties lors des rapports sexuels, notamment à la pénétration, mais aussi lors de toute autre forme de pénétration vaginale.

Ces douleurs peuvent s’exprimer de différentes manières : brûlures, démangeaisons, picotements, sensation d’aiguilles. Elles sont souvent regroupées sous le terme de vulvodynie, qui désigne une douleur de la vulve.

Lorsque la douleur est localisée à l’entrée du vagin, au niveau du vestibule, on parle alors de vestibulodynie, voire de vestibulite en cas d’inflammation.
Comme pour le vaginisme, il existe des dyspareunies primaires, présentes dès les premiers rapports, et des dyspareunies secondaires, qui apparaissent après une période de sexualité épanouie.

On distingue également les dyspareunies superficielles, localisées à l’entrée du vagin, et les dyspareunies profondes, ressenties plus profondément lors de la pénétration. Les deux formes peuvent coexister.

Comment avancer

En cas de vaginisme ou de dyspareunie, une consultation auprès d’un·e gynécologue permet avant tout de poser un diagnostic et de s’assurer de l’origine des douleurs. Il est important de se tourner vers un praticien sensibilisé à ces problématiques.

Selon les situations, différents accompagnements peuvent être envisagés : sexologue, coach spécialisé·e, sophrologue, hypnothérapeute, kinésithérapeute spécialisé·e en périnée, sage-femme ou ostéopathe. L’approche est souvent pluridisciplinaire et s’adapte au vécu et aux besoins de chaque femme.

Avancer passe par la compréhension de son corps, le respect de son rythme et la réduction progressive des peurs et des tensions associées à la pénétration.

Conseils Secrets de Geishaa

Lors des phases d’exploration et de réappropriation du corps, certains produits peuvent apporter du confort. Le baume Baubo Paris peut être utilisé pour prendre soin de la vulve en cas d’irritation ou de sensibilité. Les lubrifiants à base d’eau permettent quant à eux une lubrification optimale, notamment lors de l’utilisation de dilatateurs vaginaux.

Ces solutions ne remplacent pas un accompagnement médical ou thérapeutique, mais peuvent soutenir le cheminement en apportant plus de douceur et de sécurité dans les gestes.

Sécheresse vaginale

Causes

On parle de sécheresse vaginale lorsque le corps ne produit plus suffisamment de cyprine, ce qui peut entraîner une baisse de la libido ou des douleurs lors des rapports sexuels, notamment au moment de la pénétration.

Les causes de la sécheresse vaginale sont multiples. Elle peut survenir lors de la ménopause, pendant l’allaitement, la grossesse, ou être liée à la prise de certains médicaments. Le stress peut également jouer un rôle important, en perturbant l’équilibre hormonal et la lubrification naturelle.

La sécheresse vaginale n’est pas rare et peut apparaître à différents moments de la vie d’une femme, de façon ponctuelle ou plus durable.

troubles sexuels féminins

Solutions possibles

Lorsque la lubrification naturelle devient insuffisante, l’utilisation d’un lubrifiant devient essentielle, aussi bien au quotidien que lors des rapports sexuels.

Les lubrifiants à base d’eau sont généralement recommandés, car leur pH est neutre et mieux adapté aux muqueuses vaginales. Ils sont souvent enrichis en actifs hydratants et protecteurs, comme l’aloe vera, qui aident à soulager l’inconfort.

Dans certains cas, une lubrification naturelle peut revenir avec le temps. Si la sécheresse persiste ou s’accompagne de douleurs importantes, il est conseillé de consulter un professionnel de santé afin d’obtenir un avis et des solutions adaptées à la situation.

Conseils Secrets de Geishaa

La tisane signée Secrets de Geishaa peut également soutenir l’organisme dans une approche globale du bien-être et de la féminité.

Ces solutions s’inscrivent comme un accompagnement doux, en complément d’une écoute attentive de son corps et, si nécessaire, d’un suivi médical.

Atrophie vulvo-vaginale

L’atrophie vulvo-vaginale se traduit par un assèchement et un amincissement des tissus vulvaires et vaginaux. Elle peut entraîner une sensation d’inconfort, des irritations, voire des douleurs lors des rapports sexuels.

L’utilisation régulière d’un lubrifiant à base d’eau ou d’un hydratant vaginal permet généralement d’améliorer considérablement ces symptômes. L’hydratation des tissus les rend moins friables, moins irritables, et le gonflement des muqueuses lié à la lubrification contribue à créer une couche de confort supplémentaire.

Lorsque l’inconfort persiste malgré l’utilisation d’un lubrifiant à base d’eau, il peut être préférable d’appliquer un lubrifiant à base d’huile ou de silicone sur le sexe du partenaire. Cela permet de limiter les frottements et d’allonger la durée du rapport, tout en apportant plus de confort.

Les produits lubrifiants ne traitent pas la cause de l’atrophie, mais ils peuvent jouer un rôle important dans l’amélioration du bien-être intime et de la qualité de vie sexuelle.

Lichen scléreux atrophique

Le lichen scléreux atrophique est une maladie chronique de la peau qui touche principalement la région génitale et anale. Il peut provoquer des symptômes tels que des fissures, des démangeaisons, des sensations de brûlure ou une fragilité accrue des tissus.

Pour apaiser ces manifestations, les actifs émollients et hydratants contenus dans certains lubrifiants à base d’eau ou à base d’huile peuvent apporter un soulagement. Ils aident à nourrir la peau, à réduire la sécheresse et à améliorer le confort intime.

Les lubrifiants à base de silicone, en revanche, n’ayant pas de propriétés hydratantes, contribuent essentiellement au confort de glisse sans agir sur l’hydratation des tissus.

Syndrome de Gougerot-Sjögren

Le syndrome de Gougerot-Sjögren est une maladie chronique d’origine auto-immune appartenant aux syndromes secs. Il se caractérise par une atteinte des glandes exocrines, responsables de la sécrétion de fluides au niveau de la peau et des muqueuses.

Cette pathologie entraîne une diminution importante des sécrétions naturelles, pouvant provoquer une sécheresse vaginale plus ou moins marquée. Une prise en charge médicale est nécessaire, avec un traitement médicamenteux adapté prescrit par un médecin.

Le syndrome de Gougerot-Sjögren peut être difficile à diagnostiquer, car les symptômes varient d’une personne à l’autre. Il peut se manifester de manière isolée (forme primaire) ou être associé à une autre maladie auto-immune (forme secondaire).

L’utilisation d’un lubrifiant à base d’eau ou d’un hydratant vaginal peut aider à retrouver un certain confort intime. Même si la lubrification ne redevient pas naturelle, ces solutions permettent de réduire les douleurs, de préserver la muqueuse et de favoriser une sexualité plus confortable et apaisée.

Conclusion

Les troubles sexuels féminins sont des réalités complexes, souvent invisibles, mais profondément humaines. Ils ne définissent ni la valeur d’une femme, ni sa féminité, ni sa capacité à vivre une sexualité épanouie. Chaque corps a son histoire, son rythme et ses besoins.

Comprendre ce qui se joue, mettre des mots sur ses ressentis et s’autoriser à chercher des solutions adaptées permet déjà de sortir de l’isolement et de la culpabilité. L’information, l’écoute de soi et, si nécessaire, l’accompagnement par des professionnels de santé sont des étapes essentielles pour avancer avec plus de douceur et de sérénité.

La sexualité ne se vit jamais complètement seule. Elle s’inscrit aussi dans une dynamique de couple, où les incompréhensions, les silences ou les difficultés peuvent toucher les deux partenaires. Si ce sujet vous intéresse, nous abordons également les troubles sexuels masculins, leurs causes et leur impact sur la relation, dans un article dédié, afin d’offrir une vision plus globale et équilibrée de la sexualité au sein du couple.

Prendre soin de son intimité, c’est avant tout apprendre à mieux se connaître, à se respecter et à avancer à son rythme, sans pression.

FAQ – Questions fréquentes sur les troubles sexuels féminins

Les troubles sexuels féminins sont-ils fréquents ?

Oui. Les troubles sexuels féminins sont beaucoup plus fréquents qu’on ne le pense. De nombreuses femmes y sont confrontées à un moment de leur vie, de façon ponctuelle ou durable. Le silence qui entoure encore ces sujets donne souvent l’impression d’être seule, alors que ces situations sont largement partagées.

Faut-il consulter pour des douleurs pendant les rapports ?

Oui, lorsqu’une douleur pendant les rapports est récurrente ou persistante, il est important de consulter. Un·e professionnel·le de santé pourra aider à identifier l’origine de la douleur, qu’elle soit gynécologique, hormonale, musculaire ou psychologique, et proposer un accompagnement adapté.

La sécheresse vaginale est-elle normale ?

La sécheresse vaginale est courante et peut survenir à différents moments de la vie : ménopause, grossesse, allaitement, stress, prise de médicaments. Elle n’est pas anormale en soi, mais lorsqu’elle provoque un inconfort important ou des douleurs, des solutions existent et un avis médical peut être utile.

Peut-on avoir plusieurs troubles sexuels en même temps ?

Oui. Il est tout à fait possible de cumuler plusieurs troubles sexuels féminins, par exemple une sécheresse vaginale associée à des douleurs, ou un vaginisme accompagné d’une baisse de libido. Ces troubles peuvent être liés entre eux et s’influencer mutuellement.

Les troubles sexuels féminins sont-ils toujours hormonaux ?

Non. Les hormones peuvent jouer un rôle, mais les troubles sexuels féminins ont souvent des causes multiples. Elles peuvent être physiques, psychologiques, émotionnelles, relationnelles ou liées au mode de vie. C’est pourquoi une approche globale est souvent nécessaire.

Quand s’inquiéter d’une douleur intime persistante ?

Il est recommandé de consulter lorsque la douleur intime est régulière, intense, inhabituelle ou qu’elle s’aggrave avec le temps. Une douleur qui empêche les rapports, perturbe le quotidien ou génère de l’angoisse mérite d’être prise au sérieux et explorée par un professionnel de santé.